La colère de Dieu – Ralph Nelson

La colère de Dieu – Ralph Nelson

maxresdefaultAttention, il faudra probablement vous munir d’un magnétoscope, le film n’ayant jamais été publié en DVD – ni remasterisé à ma connaissance.

The Wrath of God – La Colère de Dieu – est le deuxième western de Ralph Nelson après le Soldat Bleu sorti quelques années plutôt. Dans les salles en 1972, le film ramasse un grand nombre de genres différents du western. Il emprunte au spaghetti ses personnages marquants et souvent amoraux, mais aussi une histoire romanesque, parfois mystique, qui rappelle davantage les westerns des années 40-50.

Crépusculaire, il se déroule tardivement (dans les années 1920), alterne humour et cruauté, cheval et automobile, pistolet à un coup et mitraillettes, cynisme et sentiment, mêlé dans un joyeux bazar rythmé et enlevé.

Ralph Nelson s’amuse avec les codes du western. Il en respecte les grandes lignes, ne serait-ce qu’en recrutant Robert Mitchum pour le rôle principal, celui d’un prêtre en perdition, qui ne sait quelle voie suivre dans ce territoire du Mexique où la loi du plus fort règne sans partage. Cette histoire, adaptée du livre éponyme de Henry Patterson, n’est pas sans rappeler La Puissance et la Gloire de Graham Greene. Robert Mitchum reprend ici un rôle qu’il a déjà joué, à peu de choses près.

L’attelage hétéroclite est complété d’un révolutionnaire irlandais idéaliste (Ken Hutchison), d’un trafiquant d’armes (Victor Buono), bien entendu d’une superbe señora en la personne de Rita Hayworth et d’un grand méchant psychotique, Frank Langella – qui interprétait Dracula pratiquement à la même époque, c’est dire.

Depuis longtemps, les spectateurs se divisent entre ceux qui y voient un western étrange ou une parodie burlesque du genre. C’est probablement un peu des deux, et c’est ce qui le rend intéressant, surprenant, drôle et tragique.

Parfois détesté de la critique, La Colère de Dieu mérite le détour, pour son énergie et son humour caustique qui doit être pris au second degré. Malgré ses limites, les fans de western se plairont certainement à cette sérieuse dérision du genre.

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