Ted Nugent – Double Live Gonzo (1978)

Ted Nugent est ce que l’Amérique peut produire de meilleur et de pire en rock’n’roll. La musique, entièrement basée sur sa guitare, est puissante, entêtante et parfois hallucinée. Teddy Bear (oui je lui attribue pas mal de surnoms) construit ses morceaux à coup de riffs agressifs et solos survoltés.


[Mention spéciale au mec au projo qui essaye de le suivre]

Ce Double Live Gonzo ! enregistré en 1976-77 est un bon disque pour découvrir Uncle Ted. A quelques morceaux près, cet enregistrement condense le meilleur du guitariste. En somme, si vous n’aimez pas, inutile d’aller plus loin dans sa discographie.

La folie délirante est omniprésente : on est surpris par les énormes rugissements poussé en réponse aux hurlements de sa Gibson Byrdland. Bête de scène est ici un euphémisme. En la matière, son proverbe est devenu légendaire « if it’s too loud, then you’re too old ».

Pour s’en rendre compte, on va directement au morceau Strangehold, la plus emblématique des compositions de Ted Nuggets et remarquablement exécutée. Alors que les autres morceaux relèvent d’un hard rock très rythmé, mais somme toute assez classique, Strangehold est englué, traînant et carrément psychédélique (la version studio est un indispensable). Inversement, on pourra écouter Cat Scratch Fever, le grand standard de The Nuge (son vrai nickname), simple et accrocheur. Un mot pour Just What The Doctor Ordered, un autre standard produit ici avec une énergie stupéfiante.

Aux Etats-Unis, le guitar hero ne laisse pas indifférent, c’est une sorte de caricature vivante de l’Américain bouseux, version sous LSD. Ultraconservateur, il a toujours soutenu les Républicains les plus durs. Chasseur passionné d’armes de guerre et de grenades dont il explique le fonctionnement dans des vidéos, il a fait sienne la cause du lobby des armes et de la NRA. Patriote, militariste, il s’est montré fervent supporter de la peine de mort sans procès…

Nugent est un homme de média et les polémiques à son sujet sont bien trop nombreuses pour être listées ici. Pour simple exemple du niveau moyen de son argumentation, citons son célèbre « Obama is a piece of shit, and I told him to suck on my machine gun ». Aller à un concert de The Nuge est un acte politique en soi.

Bref Ted Nugent est un personnage, à la fois attachant et repoussant, généreux avec son public, fascinant dans son honnêteté intégrale et son absence d’inhibition. Il embarrasse lorsqu’il jure comme un gamin de 11 ans qui découvre le mot en f***, il ravit lorsqu’il se lance dans ses riffs jouissifs. Certes, il n’a plus rien produit d’écoutable depuis 25 ans, mais sa carrière musicale des années 70 est emblématique d’un certain rock US.

Dans ce live, comme dans une grande partie des disques, Ted Nugent est accompagné d’un groupe fidèle : Rob Grange à la basse, Derek Holmes à la guitare rythmique et au chant (remarquable d’ailleurs), Cliff Davies à la batterie. A noter que ce dernier est décédé accidentellement en 2008… d’une blessure par balle qu’il se serait lui-même infligé.

Publicités