L’Homme sans frontière – Peter Fonda - The Hired Hand - 1971

L’Homme sans frontière – Peter Fonda

L’Homme sans frontière est un western sous THC, une œuvre symbolique de la contre-culture. Après le succès inattendu d’Easy Rider en 1969, Universal donne carte blanche à Peter Fonda pour réaliser un film en toute liberté. Il en sortira un western aux images oniriques, au montage fantastique, aux plans impressionnants portés par la musique complètement envoûtante de Bruce Langhorne. La bande-son, très loin des épopées de Morricone, marque par son minimalisme et sa fragilité.

Peter Fonda prend le rôle principal, accompagné de Warren Oates, qu’on a pris l’habitude de voir dans les westerns de Sam Peckinpah. Les deux personnages évoluent dans une toile du grand Ouest qui alterne entre images classiques du western et psychédélisme.

Hired-hand_fondaL’homme sans frontière est finalement tout ce qu’on n’attend pas d’un western. Émouvant, réaliste, il est d’une étonnante modernité. Il traite de la confusion d’un homme qui, après des années d’errance, revient à la femme qu’il a abandonnée. Il n’est pas certain de la façon dont il veut vivre : dans l’étouffement d’une petite famille bien sage ou dans la solitude des vastes plaines. Une préoccupation qui n’a rien perdu de son actualité, pas plus que le personnage féminin central, très contemporaine dans sa liberté. Et c’est mine de rien très intéressant vu le peu d’intérêt qu’ont en général les femmes dans les westerns.

C’est un prolongement assez évident d’Easy Rider (qu’est-ce qu’un road-movie, sinon un western en voiture ?). Easy Rider est contestataire, agité, L’Homme sans frontière c’est le doute et la fin des grands mythes américains. Easy Rider ce sont des jeunes qui partent ; L’Homme sans frontière, des hommes qui reviennent.

Loin des westerns héroïques des années 50 ou des spaghettis de l’époque, L’Homme sans frontière n’a pas vraiment de scénario développé. La caméra se concentre avant tout sur les personnages, peu nombreux et le décor qui les entoure.

A noter enfin la très bonne traduction française du titre, pour une fois. The Hired Hand signifie « le saisonnier », mais les traducteurs ont préféré l’usage du mot frontière, avec toute la charge symbolique qu’il a aux Etats-Unis.

Très éloigné de la norme hollywoodienne, le film a été bien logiquement une catastrophe commerciale, retiré des salles après seulement une semaine et très injustement oublié. L’un de mes préférés.

L’Homme sans frontière
The Hired Hand
Peter Fonda, 1971
Scénario d’Alan Sharp
Avec Peter Fonda, Warren Oates, Verna Bloom
Musique de Bruce Langhorne

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