SPIN – Robert Charles Wilson

wilson_spinUne nuit, la Terre est soudain isolée du reste de l’Univers par une sorte de bulle, en-dehors de laquelle le temps s’écoule des millions de fois plus vite. Et ce n’est pas sans poser quelques sérieux problèmes qui pourraient causer la destruction de la planète – c’est une question de temps avant que le Soleil ne transforme la planète en une boule de feu.

Une question de temps. Ce que j’ai adoré en premier lieu dans ce roman c’est son idée. Avec l’emprisonnement de la Terre dans cette bulle temporelle, Robert Charles Wilson développe une idée à la fois simple et géniale. Il en découle une réflexion absolument fascinante sur la relativité du temps dont les conséquences donnent le vertige. Toute SF ayant une dimension spatiale se pose forcément des questions qui nous restent mystérieuses : l’Univers en expansion, l’immensité de l’espace, le temps… mais dans peu de romans ces concepts sont aussi simplement exposés et explorés.

Ensuite, c’est un livre remarquablement écrit. Avec une chronologie étrange, des personnages peu nombreux mais profonds. L’intrigue se développe pas à pas, si bien que l’envie de savoir la suite nous obsède. Oui, il y a des lenteurs, mais cela ne m’a pas gâché la lecture, bien au contraire.

Enfin SPIN est d’un réalisme passionnant, presque sociologique. Il se déroule dans un futur immédiat, familier. Alors qu’il s’agit d’une SF d’apocalypse, on n’assiste pas à des scènes de panique. Il n’y a pas non plus de super-héro pour nous sauver. On voit des gens qui continuent à mener leurs petites vies, parce que la menace est lointaine, intangible et bien difficile à comprendre. Une métaphore de notre monde bien réel, nous sommes aveugles à la menace environnementale parce qu’elle n’est pas immédiate.

« Le temps lui-même est fluide et imprévisible. Le monde qui semble vigoureusement normal – malgré tout ce que nous venons d’apprendre – a depuis peu été enfermé dans une espèce de chambre froide cosmologique. Pourquoi nous a t-on infligé cela ? On ne sait pas au juste. On pense qu’il s’agit d’une action délibérée d’entités si puissantes et inaccessibles qu’on pourrait aussi bien les appeler des dieux. Et si nous offensons les dieux, ils pourraient nous retirer leur protection, si bien que les montagnes ne tarderaient pas à fondre et les océans à entrer en ébullition. »

SPIN est le premier livre d’une trilogie.

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