Fringe (2008)

Amateurs de science-fiction réaliste, passez votre chemin. Fringe c’est une série dans laquelle on peut communiquer avec les morts ou passer dans un univers parallèle avec une facilité déconcertante et du matériel scientifique de 30 ans d’âge trouvé au fond d’une cave. On est à la limite de la science-fiction, du fantastique et du délire narcotique – d’ailleurs dans cette série, les grandes avancées « scientifiques » se font à coup de drogues dures.

Diffusée entre 2008 et 2013, Fringe est une série farfelue et difficile à suivre. Elle est plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord : derrière ses airs hallucinés, il s’agit en fait d’un labyrinthe, certes foutraque, mais passionnant parce qu’il ne connaît pas de limite.

Fringe jongle en permanence entre sérieux et dérision parfois hilarante. Les scénaristes créent un personnage mystérieux et effrayant – William Bell – et confient le rôle à… Leonard Nimoy, le monsieur Spock de Star Trek. Puis façonnent patiemment un grand méchant et lui donnent le nom de David Robert Jones… soit le véritable patronyme de David Bowie. Fringe sait être bouffonne mais aussi dérangeante, l’épisode pilote nous plongeant immédiatement dans une atmosphère glauque.

Pour apprécier la série, il faudra la regarder attentivement. Elle ne cesse d’ouvrir des portes et de s’entourer de toujours plus de mystères, dont certains ne trouveront d’explication que 5 saisons plus tard. Lorsque l’on commence la série, on a le sentiment de regarder des épisodes séparés mais un arc narratif se construit lentement – une mythologie.

Alors bien sûr, la série ouvre tant de portes dans ses premières saisons, que recoller les morceaux pour en faire un récit cohérent à la fin du show s’avère problématique. Mais cela fonctionne au final plutôt bien. En grande partie grâce au talent de John Noble dans son rôle de savant fou alternativement vieillard sénile et manipulateur effrayant. Et à celui du créateur JJ Abrams, à qui l’on doit bien d’autres séries : Lost, Alias, Westworld

Fringe, dans sa façon de résoudre à moitié les énigmes, partage une certaine parenté avec Lost. Si on se contente de regarder un épisode sur deux distraitement, on risque de ne rien comprendre. Les indices sont dissimulés un peu partout, jusque dans les génériques, on est invité à participer à un jeu de piste démentiel. Certains petits détails (The Observers) ou symboles apparaissent, sans qu’on s’en rende compte, dès le début du show.

Pour résumer, j’ai adoré l’ambiance et l’arc narratif, ainsi que certains épisodes marquants comme le 16e de la 2e saison, « Peter », apogée de la série. J’ai beaucoup aimé aussi cet hommage aux codes des séries américaines type X-Files, par moment tournés en ridicule. Cependant la série est inégale. Si certains épisodes sont d’une créativité incroyable (dont un quasiment entièrement en dessin) d’autres sont plats et répétitifs. De même pour les personnages et les jeux d’acteurs, d’une profondeur parfois limitée.

Tout mis dans la balance, Fringe est néanmoins une très bonne série, qui a su se créer une mythologie, des personnages attachants et qui a su se conclure avant de perdre son intérêt. Vous l’adorerez si vous êtes capables de switcher régulièrement votre cerveau entre les modes énigme et humour.

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