Show Me A Hero (2015)

Montrez-moi un héros, et je vous écrirai une tragédie.

Adaptation d’une histoire vraie et dramatique, la série se déroule dans la ville de Yonkers, près de New York et montre la résistance de la classe moyenne blanche contre l’implantation de logements sociaux (sous-entendu pour les Noirs) dans leur quartier. Personnage principal, le Maire de la ville, pris au piège entre ses promesses, l’Etat qui l’oblige à implanter les logements sociaux et l’opposition violente des Blancs – par racisme, par peur des pauvres, des nuisances, de la criminalité et de l’autre.

Show Me A Hero (2015) est une mini-série produite par David Simon, créateur de The Wire. On y retrouve les mêmes thèmes : la violence, la politique, la drogue et l’incompréhension des communautés. Là où The Wire se concentrait sur les Noirs et les quartiers pauvres rongés par le trafic de drogues, Show Me A Hero montre l’envers du décor : les banlieues pavillonnaires blanches inquiètes.

La politique municipale des villes américaines est particulièrement bien décrite, la série reste tendre avec les hommes qui tentent de l’incarner et de faire au mieux, tout en montrant sans concession les insuffisances et les compromissions.

Comme à son habitude, David Simon parvient à créer des personnages attachants, avec leurs convictions mais aussi leurs failles et leurs faiblesses humaines. Show Me A Hero suit une galerie de personnages broyés par les rouages du « système » – et pour la première fois, il fait le portrait de personnes ayant réellement existé.

De même que dans ses séries précédentes, les images sont portées par une superbe bande son omniprésente, ici constituée en bonne partie de morceaux de Bruce Springsteen – l’histoire se déroule dans les années 80 – et des dialogues percutants :
Le juge : Justice is not about popularity.
Le maire : No, it’s not. But politics is.

En 6 épisodes, c’est un portrait social forcément rapide et survolé d’une ville à feu et à sang. Il convient d’avoir vu The Wire auparavant pour comprendre pourquoi la série ne s’appesantit pas sur les inégalités sociales, thème déjà traité.

Show Me A Hero apporte encore une pierre à l’édifice de description des logiques urbaines et sociales des villes américaines. Après The Wire à Baltimore et Treme à la Nouvelle-Orléans, David Simon réussit à nouveau, pour Yonkers, à dresser un tableau à la fois subtil et acerbe, où la faute n’est rejetée sur personne en particulier – et donc sur tout le monde.

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