Godless (2017)

Une saison, une histoire. On ne sait pas encore si Godless sera renouvelé pour une nouvelle saison, ce qui est certain c’est que les 7 épisodes diffusés par Netflix en 2017 forment un ensemble complet et que la série ne pourrait véritablement se poursuivre qu’à la façon de Fargo ou True Detective (en changeant de héros et d’histoire).

7 épisodes mais d’une durée conséquente, ce qui permet un scénario assez développé et des personnages fouillés. C’est une série qui n’incite pas au binge watching, elle prend son temps, plus comme un long film qu’une véritable série TV.

Au rayon des classiques du western : décors grandioses, mano a mano entre deux truands, un shérif quelque peu dépassé, un personnage principal ténébreux en quête de rédemption… Plus original pour du western, Godless est basé sur une galerie de personnages féminins, dans un genre qui a souvent réduit les femmes à pas grand chose. En résumé, et c’est vrai pour toute la série, Godless jongle entre les archétypes du western classique ou spaghetti et des incursions plus contemporaines, avec une esthétique prononcée assez à la mode dans les séries Netflix.

Une chose que j’ai beaucoup aimé : le casting de Godless est largement constitué d’acteurs habituellement limités à des seconds rôles discrets (Jeff Daniels, Merritt Wever, Jack O’Connell) et qui jouent admirablement au premier plan.

Alors tout n’est pas parfait. Un peu trop de chevaux en contre-jour sublime, de dents blancheur Colgate, de gros plans sur des yeux bleus et de musique mièvre. Cela manque peut-être d’être un poil plus abouti – les grandes sociétés minières, les Indiens, le chemin de fer – tout ça est un peu saupoudré pour le folklore au lieu d’être une part du récit.  Cela manque aussi un peu de la crasse et du cynisme qui ont fait les meilleurs westerns.

Tout mis dans la balance, cela n’handicape pas trop le show et, pour ce qu’on en sait, Godless demeure un portrait pas trop éloigné de ce que fut le far west. Le western est finalement un genre relativement peu exploré par les séries modernes (on peut citer Deadwood, Hell on wheels…) et Godless m’apparaît pour l’instant comme l’une des meilleures adaptations.

On finit la série avec un sentiment étrange, de ne pas bien savoir où les scénaristes ont voulu aller. Mais c’est un peu l’essence même de la conquête de l’Ouest, une épopée dépourvue de logique ou de morale. S’il y a un vraiment un point à retenir et qui donne son intérêt à la série, c’est cette galerie de personnages attachants, dont on ne connait ni l’histoire ni les motivations, mais que le vent poussiéreux du Nouveau-Mexique et le hasard vont faire se rencontrer dans une succession de scènes et un patchwork un peu décousu.

Publicités

Une réflexion sur “Godless (2017)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s