Hammer Film Production

Les meilleurs cauchemars de la Hammer à revoir en DVD et Blu-Ray

Elephant Films ressort treize films de la Hammer. L’occasion de revoir et reparler de quelques pépites du studio britannique historique…

Hammer Production est fondée en 1934 par William Hinds, homme d’affaire et acteur amateur. Un an plus tard Enrique Carreras s’ajoute à l’aventure et les deux hommes créent la société Exclusive pour distribuer les films de la Hammer. Après quatre métrages, le studio doit mettre la clé sous la porte, mais les deux gus arrivent à sauver Exclusive. La société de distribution est reprise en 1938 par Michael Carreras, bientôt rejoint par Anthony Hinds, les fils d’Enrique et William. L’affaire est mise entre parenthèse pendant la seconde guerre mondiale, puis, Michael et Anthony décident de réactiver la Hammer pour alimenter Exclusive en œuvres à distribuer.

Le studio produit alors des thrillers pour le marché britannique. Un contrat est signé avec Robbert Lippert, producteur de séries B américaines, pour toucher le marché américain. À cette fin, le studio recrute des acteurs issus du pays de l’Oncle Sam, de préférence has-been, ou en fin de carrière, pour ne pas vider les caisses. Un pari qui aura le mérite de faire rayonner les films de genre du studio à l’échelle européenne. À ce titre, l’un des premiers film emblématique fut Le Monstre

Le Monstre (The Quatermass Xperiment) – Val Guest – 1955

Le Monstre est un petit film de science-fiction à l’intrigue très classique aujourd’hui. Une fusée du programme spatial britannique s’écrase dans un champs. Lorsque les secours arrivent à rentrer dans l’engin, ils constatent que deux astronautes manquent à l’appel et qu’il ne reste qu’un seul survivant. Le responsable du programme, le Docteur Quatermass, vient sur place pour résoudre cette énigme. Le professeur Bernard Quatermass est un physicien de fiction créé à l’origine par Nigel Kneale pour BBC Television.

Ce premier film sur le docteur, après des apparitions à la télé anglaise, est plutôt sympathique. Pour un film des années 50, l’action s’enchaîne assez bien. Les décors et effets spéciaux sont également réussis. L’histoire est prenante et l’on reste intrigué tout du long, par cet objet qui s’écrase, la disparition de l’équipage et la métamorphose du rescapé en monstre sanguinaire… Le traitement de certains rôles est plaisant, comme celui de la femme de l’astronaute qui ne reste pas assise en attendant que les hommes viennent lui raconter le fin mot de l’histoire, mais prend les devants pour sauver son amant. Messieurs les machistes, rassurez-vous, il ne s’en suivra que catastrophes après catastrophes. Alors c’est sûr, il y a nettement mieux en matière de film SF, mais pour une série B de ce calibre, le résultat est réussi et très efficace.

Deux autres films sur Quatermass et produits par la Hammer suivront : La Marque en 1957, toujours réalisé par Val Guest et Les Monstres de L’Espace (Quatermass and the Pit) en 1967. Ce troisième volet atteint une certaine maturité qui en fait un très bon film de science-fiction. Pour Nigel Kneale il s’agit d’ailleurs de la meilleure adaptation audiovisuelle de son personnage.

Le premier volet emportera en tout cas un succès commercial en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis (sous le titre The Creeping Unknow) ce qui permettra à la Hammer de rayonner dans le monde avec ses futurs films fantastiques à commencer par le célèbre personnage créé par Mary Shelley…

Frankenstein s’est échappé (The Curse of Frankenstein) – Terence Fisher – 1957
Frankenstain s'est échappé

Le film révèle le réalisateur Terence Fisher. Déjà auteur de nombreux films plus ou moins réussis, dont The Last Page en 1951 déjà pour la Hammer. Il trouve ici les moyens à la hauteur de son ambition. Le métrage s’appuie sur une réalisation efficace et millimétré et un jeu d’acteur excellent. Peter Cushing y est extraordinaire. On remarque un peu moins Christopher Lee, trop caché derrière le maquillage pour pouvoir pleinement s’exprimer. Frankenstein s’est échappé est un must-see pour tous les fans de fantastique ! La suite directe du film, La Revanche de Frankenstein avec un Peter Cushing toujours au top, est également à voir.

Ce film permet aussi à la Hammer d’exploser. Devant le succès du film, Universal cédera ses droits sur plusieurs franchises de monstres au studio britannique, lui permettant de devenir un acteur essentiel sur le marché du fantastique européen. Une position qui sera définitivement acquise avec l’adaptation du célèbre vampire.

Le Cauchemar de Dracula (Horror of Dracula)  – Terence Fisher – 1958
La cauchemar de Dracula

Chef-d’oeuvre et film culte, cette version de Dracula réunit l’équipe à qui l’on doit le succès de Frankenstein s’est échappé : le réalisateur Terence Fisher ainsi que les deux acteurs, Christopher Lee et Peter Cushing qui trouvent là deux rôles qui marqueront très durablement leurs carrières. Avec ce film, la Hammer opère un lifting réussit du vampire. Les décors sont beaux et remplis de détails. La photographie est impeccable comme toujours chez Fisher. Le Cauchemar de Dracula sera le point de départ d’une série de film de la Hammer et il a profondément marqué le style gothique du cinéma européen.

Mais malgré toutes ces qualités, l’histoire un peu classique aujourd’hui n’en fait pas forcement le meilleur des films vampiriques.

La suite directe, Dracula, Prince des Ténèbres, sera moins prenante. Il faut dire que Christopher Lee y fait pâle figure par rapport à sa prestation dans le premier volet. Ce dernier n’y prononce pas un mot… Et ses apparitions tournent parfois à la bouffonnerie (cf. la fin). Les autres protagonistes sont aussi moins convaincants que le Van Helsing campé par Peter Cushing en adversaires du démon.

Reste quelques scènes très marquantes, dont celle où le valet ressuscite son maître Dracula, choquante au possible, surtout pour l’époque. Ainsi que la mise à mort de la femme-vampire par une armée de prêtre, dans laquelle certains y voient une image forte de viol collectif.

Ces premiers chefs d’œuvres du studio ne figurent pas dans le coffret édité par Elephant, néanmoins, au vu de leurs qualités, on vous suggère fortement d’y jeter un œil à l’occasion. Le coffret lui, se concentre principalement sur les années 60 et le début des années 70. Il contient :
Les Maîtresses de Dracula (1960)
La Nuit du loup-garou (1961)
Le Spectre du chat (1961)
Le Fascinant Capitaine Clegg (1962)
Le Fantôme de l’Opéra (1962)
Paranoïaque (1963)
Le Baiser du vampire (1963)
Meurtre par procuration (1964)
L’Empreinte de Frankenstein (1964)
Comtesse Dracula (1971)
La Fille de Jack l’Eventreur (1971)
Les Sévices de Dracula (1971)
Le Cirque des vampires (1972)
Le coffret entier coûtant quand même une petite somme, et puisque les titres sont également disponibles à l’unité, on vous propose maintenant trois films du coffret qui sortent vraiment du lot…

Les Maitresses de Dracula (The Brides of Dracula) – Terence Fisher – 1960
Les maitresses de Dracula
Marianne Danielle, une jeune institutrice, en route pour occuper un emploi dans un pensionnat pour jeunes filles en Transylvanie, est abandonnée dans un village par son cocher. À l’auberge où elle se réfugie, elle ne tient pas compte des avertissements des propriétaires du lieu et accepte l’offre de la baronne Meinster de passer la nuit dans son château…

Les Maîtresses de Dracula n’est peut-être pas le meilleur film de vampires réalisé toute période confondue, mais au sein des productions de la Hammer il vole dans le groupe de tête. Pourtant, et malgré son titre trompeur, Dracula y brille par son absence… et Christopher Lee aussi du coup.

J’ai bien aimé l’ambiance du film et son scénario, légèrement plus recherché qu’il n’y parait et efficace. Si ce n’est plus le cas aujourd’hui, quelques scènes sont assez osées pour l’époque. On y suggère l’homosexualité et l’inceste. Sans être transcendant le film reste agréable et l’on ne s’ennuie pas. Certaines scènes sont même très bonnes, dans le château ou lors du final. En résumé, un petit film aussi sympathique que son affiche.

La nuit du Loup Garou (The curse of the Werewolf) – Terence Fisher – 1961
La Nuit du Loup Garou
En Espagne, au XVIIIe siècle, le cruel marquis Siniestro humilie un mendiant pendant son repas de noces et le fait jeter au cachot. Il ne se doute alors pas qu’il vient de marquer le début d’une terrible suite d’événements qui conduiront à une malédiction sans nom…

Après avoir remis à jour Frankenstein et Dracula, Terence Fisher, le réalisateur culte de la Hammer, s’attaque au Loup-Garou et il le fait d’excellente façon !

Ce qu’il y a de bien avec La Nuit du Loup-Garou ce sont ses maladresses. En effet, le scénario et assez bizarroïde et il en est de même pour la réalisation. Au niveau de l’histoire déjà, une bonne partie du début s’attache à la genèse du monstre. Les événements n’ont trop rien d’extraordinaires, mais fonctionnent. Ils auraient même pu suffire à faire un film à eux seuls. Une fois le monstre apparu on s’intéresse à sa destinée, toute aussi tragique. Ce qui dénote un peu c’est que dans le premier tiers du film l’action défile, sans qu’on ait le temps de savourer toute la tragédie mise en place. Il en est autrement à la fin…

La Nuit du Loup Garou m’a semblé aussi convenu que poétique, une sorte de tragédie grecque dégageant la tristesse qui va avec. Ce film mérite aussi d’être vu pour la présence d’Yvonne Romain, franchement sublime !

Le Baiser du Vampire (The Kiss of the Vampire) – Don Sharp – 1963

En Europe centrale, un jeune couple échoue, à la suite d’une panne, dans un château dont le seigneur, Ravna, est le maître. La jeune femme tombe sous le charme de Carl, le fils de Ravna. Le baron les invite à un étrange bal…

Le Baiser du Vampire prouve une chose : les films de la Hammer ne nécessitent pas forcement la présence de Terence Fisher, Peter Cushing ou Christopher Lee pour être intéressants.

Le scénario, notamment, est assez fouillé pour un film vampirique de l’époque. Pareil pour les vampires dont le côté secte marche assez bien. Au niveau de la réalisation Sharp s’en sort bien. Ça parait très classique aujourd’hui, mais ça tient aussi bien la route qu’un Fisher. Pareil pour les acteurs qui font oublier l’absence des grands noms. Bref, oubliez Twilight et autres-bouses-pour-midinette-dont-il-ne-faut-pas-prononcer-le-nom et jetez vous sur ces films… Bordel !

Si vous voulez poursuivre votre exploration des œuvres du studio, on vous conseille également la vision de La Gorgone (The Gorgon) de l’homme du studio Terence Fisher, en 1964. Un petit film fantastique qui sans être un chef-d’oeuvre se laisse regarder. Le film est un peu fauché et l’on se concentre donc sur les personnages principaux dont trois sont issus de la même famille. Famille qui sera d’ailleurs décimée au fur et à mesure que le film progresse. Même s’il manque un petit quelque chose pour que le métrage soit véritablement prenant, l’atmosphère de La Gorgone est plutôt réussie, une sorte de drame grec façon romantisme noir. Certains passages sont très poétiques, comme la scène où l’un des jeunes protagonistes croit devenir fou et voit la Gorgone dans le reflet d’une fontaine. Avec ce film, Fisher montre qu’il reste tout de même un des meilleurs réalisateurs de la Hammer Production, accouchant d’un film très correcte avec un budget ridicule. Vous pouvez également jeter un œil au film Le Fascinant Capitaine Clegg (Captain Clegg) paru en 1962.

Pour ce qui est de la Hammer, après sa période faste des années 60, la productivité du studio déclinera tout au long des années 70 pour entrer en hibernation dans les années 80. Il faudra attendre les années 2000 et le rachat du studio anglais par John De Mol pour que de nouveaux films voient le jour. Ce sera chose faite en 2012 avec la sortie de La Dame en Noir et le célèbre Daniel Radcliffe.

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