Nick Cave And The Bad Seeds – Tender Prey (1988)

Tender Prey est Le disque mythique de Nick Cave & The Bad Seeds. L’album s’ouvre par la chanson emblématique du chanteur australien : The Mercy Seat, dernières confessions tragiques et suspendues dans le temps d’un condamné sur la chaise électrique. Rarement j’ai entendu composition aussi sinistre. Elle m’a littéralement retourné lorsque je l’ai écoutée pour la première fois. L’ambiance anxiogène, la puissance des paroles, « la gueule » de Nick Cave sur le clip, sa voix torturée…

Les yeux de Nick Cave ont quelque chose, à défaut de mot français, de twisted. Quant à sa voix, pour reprendre l’expression d’un journaliste du Guardian : « his larynx has the timbre of The Reaper ». Nick Cave est hypnotique. Sur scène, les fantômes qu’il entend dans sa tête semblent franchir son corps sans limite.

Il faut lire les paroles, prêter attention aux quelques mots qui changent de refrain en refrain pour percevoir toute la noirceur et la beauté de cette chanson.

Deux reprises tout aussi obsédantes illuminent ensuite le disque. D’abord City of refuge, de Blind Willie Johnson où Nick Cave oscille entre gospel furieux et punk en hurlant « you better run«  sans fin. Ensuite Deanna, reprise tordue et garage-rock de Oh Happy Days. Nick Cave y exprime sa fascination pour la musique populaire américaine, le blues, le gospel, il l’étend et l’étire jusqu’à la déchirer, il aime jusqu’à la haine.

Enregistré dans des conditions difficiles par un Nick Cave défoncé et un groupe au bord de la rupture dans plusieurs studios, Tender Prey est pourtant resté l’un des meilleurs disques qu’ils aient produit. Nick Cave continue à imposer son style : des morceaux basés sur deux accords et une voix tourmentée. Les mélodies sont simples, à l’image de Sunday’s slave avec une orchestration brute et un piano qu’on croirait ivre (comme celui de Tom Waits).

A l’image de leur interprète, les chansons de Tender Prey sont autant violentes que vulnérables, drôles et morbides. Elles sont bibliques et diaboliques, elles entraînent dans un tourbillon infini.

Murder takes the wheel of the Cadillac
And Death climbs in the back.

nickcave1985

 

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